Ressources pour regarder autre chose que la Lune et Jupiter [1/2]

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Ressources pour regarder autre chose que la Lune et Jupiter [1/2]

Message par Benjamin Poupard le Ven 9 Sep - 16:35

Même correctement réglé, même sous un ciel dégagé, on peut très bien ne rien voir dans son télescope … si on ne sait pas vers quel objet céleste le tourner.

“Au-delà de la Lune et Jupiter, je ne sais pas quoi regarder !” : voilà une réflexion que j’ai souvent entendu. Et c’est dommage, car il existe véritablement des centaines et des centaines d’objets célestes accessibles aux instruments astronomiques, même les plus modestes.

Des centaines, d’accord; n’en reste pas moins qu’il faut savoir quand ils sont observables, et où…

A défaut de sortir de mon carton la méthode absolue pour planifier une soirée - j’ai cherché, elle n’existe pas - je vous propose de découvrir, à travers deux articles, deux approches très différentes pour aller au-delà de la Lune et découvrir le ciel profond. Elles fonctionnent plutôt bien pour moi; libre à vous de vous en inspirer.

Les atlas et les guides (ce sont dans les vieux pots…)

Quand j’ai commencé à observer le ciel, Internet n’existait pas encore, et c’est donc à l’aide de cartes mobiles, d’atlas et de catalogues d’objets que je préparais mes soirées astro.

La carte mobile me permettait de connaître les constellations visibles au moment de ma soirée d’observation.
Je piochais ensuite dans mon catalogue d’objets célestes, à la recherche d’objets intéressants et accessibles avec mon télescope.
Enfin, l’atlas me permettait de repérer avec précision l’objet céleste dans sa constellation. Il ne restait plus, le moment venu, qu’à pointer le télescope dans la bonne direction.

Au fil des années, j’ai affiné la méthode - je l’utilise d’ailleurs encore aujourd’hui. La voici détaillée, à travers un exemple d’observation de saison : une plongée dans le ciel d’automne.

Connaître les constellations visibles le soir

Reconnaissons-le, je n’utilise plus aujourd’hui de carte mobile pour savoir à quoi ressemble le ciel du soir. Le recours à Stellarium s’est imposé naturellement depuis déjà plusieurs années, tant ce logiciel est simple d’utilisation.




Le ciel du 8 septembre 2016, depuis Reims, à 22h. La Lyre, le Cygne & l’Aigle dominent l’horizon sud.

Stellarium me donne quelques pistes : le triangle d’été est idéalement placé, la Lyre et le Cygne comptent énormément d’objets célestes remarquables. Il me reste à les découvrir dans le détail.

Les richesses cachées des constellations

Les guides et catalogues vont maintenant me permettre de plonger au coeur de ces deux constellations. Personnellement, j’utilise le Night Sky Observer’s Guide (ou NSOG, pour faire court), qui est, au propre comme au figuré, une bible. 5 500 objets célestes répartis au sein de deux volumes de 450 pages chacuns : une vie d’astronome ne sera pas de trop pour envisager d’en faire le tour !

A ce stade, on peut signaler deux inconvénients : ces deux ouvrages sont encombrants, et ils sont en anglais. Pour le reste, ils ne présentent que des avantages !



M 57, la nébuleuse annulaire de la Lyre, détaillés dans le NSOG

La fiche est richement détaillée, mais sans creuser trop loin, je note deux informations intéressantes. Premièrement, M 57 est noté “5 étoiles” - sur un maximum de cinq, c’est donc, d’emblée, objet très intéressant. Deuxième point : plusieurs descriptions de l’objet sont données, descriptions correspondant au diamètre de l’instrument utilisé.

Ici, l’information est claire : M 57, dans un instrument de 6” (donc jusqu’à 150mm de diamètre) , est déjà impressionnant.

Bonus appréciable : une carte du ciel accompagne la fiche descriptive, et vous permet de situer M 57 dans la constellation.

Au fil des pages, vous découvrirez aussi des objets notés “une étoile”, et réservés aux instruments de grand diamètre. Si vous vous y attaquez, vous savez à quoi vous attendre…

Retrouver un objet céleste dans le ciel

Reste que j’emmène rarement mes deux épais (et précieux) volumes sur le terrain, par crainte que l’humidité les abime. Je préfère recourir à un atlas ”tous terrains”, moins fragile et moins encombrant.

Il existe de nombreuses références d’atlas, disponibles en librairie, ou gratuitement sur le net.

Pour ma part, j’ai opté pour la deuxième solution : l’Atlas B développé par José Ramón Torres et Casey Skeltoni. Distribué sous la forme d’un fichier PDF, il compte 107 cartes, des étoiles jusqu’à la mag.11, des milliers d’objets célestes… L’ensemble peut paraître un peu fouillis au premier abord, c’est pourquoi je conseille d’utiliser dans un premier temps l’atlas A (qui ne compte que 24 cartes, avec des étoiles n’allant “que” jusqu’à la mag.9 - c’est largement suffisant !)



La Lyre, sur la carte n°3 de l’Atlas-A de JR Torres

L’atlas présente la constellation de la Lyre avec beaucoup (trop, jugeront certains) de détails. Notez que les objets les plus intéressants apparaissent en gras (comme M56, par exemple), vous offrant la possibilité de naviguer dans la constellation, et de vous faire un programme “à la carte”.

Pour ma part, j’ai imprimé l’atlas à partir d’un copieur laser - la définition est excellente - et rangé les cartes dans un classeur souple. Double avantage : les cartes sont protégées de l’humidité, et je peux annoter mes cartes à loisir, avec la possibilité, au besoin, de les réimprimer.

Pour l’anecdote, un truc idiot à ne pas faire : il m’est arrivé d’apporter des annotations en couleur sur mes cartes. Eh bien, sur le terrain, une annotation écrite en rouge éclairée par une lampe frontale rouge est *beaucoup* plus difficile à lire…

Pour résumer....

J’ai développé les 3 étapes avec les outils que j’utilise, mais il en existe d’autres

Pour l’étape 1, j’ai cité Stellarium, mais il existe d’autres logiciels ou applis pour smartphone. Cartes du ciel, Skeye, Sky Safari ...Impossible de toutes les citer, vous les trouverez sans peine.

L’étape 2 est plus complexe. J’ai cité le NSOG en référence, mais ça reste un produit un peu hors norme. J’aurais également pu vous conseiller “J’observe le ciel profond” de Jean Raphaël Gilis, ou encore les 5 volumes de “Splendeurs du ciel profond”, de Laurent Ferrero, mais ces ouvrages sont aujourd’hui épuisés.

Il existe en revanche un énorme guide de plus de 1 000 pages, rédigé par Olivier Petit. Il est téléchargeable en pdf à l’adresse suivante :

http://ultra.sdk.free.fr/docs/Astrophotography/fr/guide_ciel_profond.pdf

Difficile, toutefois, de vous donner un avis définitif sur ce guide, car je viens seulement de le découvrir. Mais en parcourant ses pages, j’ai trouvé des textes bien ficelés, et des descriptions intéressantes. Le détour me semble utile.

Après, si vous voulez des guides synthétiques et bien fichus, allez faire un tour chez les anglo-saxons, chez qui les références ne manquent pas. Revers de la médaille : il faut évidemment parler anglais Smile

Les atlas célestes sont plus faciles à trouver. Il sont parfois accompagnés de listes d’objets, comprenant leurs caractéristiques principales.

Parmi les références, on peut citer le Pocket Sky Atlas, ou encore le Cambridge Star Atlas (que j’ai beaucoup utilisé.)

Il est également possible de télécharger, gratuitement de nombreux atlas, tels que :

Le Mag. 7 Star Atlas (jusqu’à la mag… 7) : http://www.astro.cz/mirror/atlas/
Le Deep Sky Hunter Star Atlas (jusqu’à la mag. 10,5) : http://www.deepskywatch.com/deep-sky-hunter-atlas.html
Et enfin le Tri-Atlas : http://www.uv.es/jrtorres/triatlas.html

Reste, pour finir, la possibilité de réaliser son propre atlas. On en parlera, entre autres choses, dans un prochain post !
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Benjamin Poupard
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